Ville de SAINT‑GILLES
     
Rubrique cachée

Concert : Choeur de l’armée française


Mercredi 25 juillet 2018
19h00 - Abbatiale

Sur les chemins de Saint-Jacques...
dans le cadre du FESTIVAL RADIO FRANCE OCCITANIE MONTPELLIER

Concert du chœur de l’Armée Française
Un programme de musiques sacrées de toutes les époques et de tous les horizons : chants traditionnels basques, Poulenc, Caplet, Whitacre, American spirituals...

Sur les chemins de Saint-Jacques
25 juillet 2018
Saint-Gilles – Abbatiale – 19h

Un entretien avec Aurore Tillac

Le programme que vous interprétez rassemble des chants traditionnels et du répertoire classique. Qu’est-ce qui a motivé ce choix, et comment se sont opérés les rapprochements entre compositeurs et traditions ?
Le rapprochement est simple car le chant traditionnel est la source même de la musique savante. A titre d’exemple, le Shen Xhar, hymne à la vigne, symbole d’éternité, parle aussi de lumière et préfigure exactement l’ambiance du morceau suivant, classique, Lux Aurumque du compositeur américain Eric Whitacre.

Les répertoires savants que vous interprétez laissent une large place à la musique sacrée.
En matière de répertoire a cappella pour chœur d’hommes, nous disposons en effet d’une grande variété culturelle et musicale. Mon souhait, ici, était de proposer en grande majorité du répertoire sacré car nous nous situerons sur un site du chemin de Saint Jacques de Compostelle. Ainsi, vous verrez que l’incantation à la mer en furie est bien loin de ce que l’on imagine souvent pour le domaine sacré ! Et ce sera l’occasion d’entendre le choeur de l’Armée française dans ce répertoire magnifique qu’il défend avec brio.

La Géorgie, le Pays basque, l’Amérique des églises ? Comment avez-vous conçu ce voyage ?
Je trouve extraordinaire l’idée de pouvoir voyager dans le monde entier le temps d’un concert. La musique est universelle et en ce sens, malgré la diversité d’identités fortes et différentes, celles-ci servent toujours le même désir, celui de transmettre.

Ce répertoire est-il familier au Chœur de l’Armée française ?
Je rêve qu’un jour, enfin, les gens n’associent plus le répertoire du Chœur de l’Armée française au seul Chant des partisans et à la Marseillaise ? D’une certaine manière, c’est comme si nous réduisions le répertoire du choeur de Radio France à la Symphonie n° 9 de Beethoven ! Bien entendu, le Choeur de l’Armée française chante pour le protocole d’Etat. C’est même une de ses fonctions principales. Mais il d’abord est composé de chanteurs professionnels recrutés sur concours au même titre que ses alter ego de Radio France. Il est donc normal qu’il puisse interpréter un répertoire extrêmement varié.

La route de Compostelle, un chemin de musique et de piété

Il y a 800 ans, les pèlerins de Compostelle inventaient le tourisme en même temps que la randonnée. De France comme d’Angleterre, d’Espagne ou d’Italie, convergeant vers les reliques de Saint Jacques, ils faisaient la fortune du lieu, mais contribuaient aussi, tout le long des chemins, à la richesse des sites qu’ils traversaient, dont la splendeur témoigne à présent : Vézelay, Conques, le Puy, Montpellier ou Saint-Gilles ?

C’est vers l’an 815 qu’un ermite de Galice a une vision. Mené par une pluie d’étoiles, il découvre ou invente, sur le lieu d’un cimetière romain, le tombeau de l’apôtre Jacques, frère de Jean, pourtant décapité en Palestine huit siècles plus tôt. La translation miraculeuse de son corps l’aurait mené, par Gibraltar, jusqu’au nord de l’Espagne. Compostelle ? campus stellarum : champ d’étoiles, selon l’étymologie populaire ? était née. C’est là qu’un roi des Asturies, Alphonse II le Chaste, saisissant l’occasion, fait édifier vers 830 une première église dédiée à Jacques ? Sant’Iago en espagnol ? abritant ses supposées reliques, et faisant de ce site un haut lieu de spiritualité médiévale, qui culminera au XIIIe siècle, avec la construction de l’actuelle cathédrale.

Un manuscrit fameux de ce temps en témoigne : le Liber Sancti Jacobi (Livre de Saint Jacques) dit aussi Codex Calixtinus. Il comporte aussi bien des récits de miracles attribués à l’apôtre, dans le style des hagiographies (vies de saints) contemporaines, que le récit de la translation, mais aussi un ensemble de pièces musicales, à une ou plusieurs voix. Si le mot codex désigne un livre à pages cousues, Calixtinus fait allusion au pape bourguignon Calixte, sous l’autorité duquel se placent les rédacteurs de ce chef d’oeuvre. Le recueil, richement enluminé, est probablement rédigé en France vers 1150, à l’heure des premiers essais de polyphonie (superposition de plusieurs voix) de Saint Martial de Limoges. En outre, son intérêt exceptionnel tient à la vingtaine de polyphonies qu’il présente, dont un Congaudeant Catholici (« Qu’ensemble catholiques se réjouissent »), premier exemple connu de polyphonie à 3 voix.

Enfin le livre V, attribué à un moine poitevin, Aimeric Picaud, contient ce que l’on peut considérer comme le premier guide de voyage. Il décrit les routes qui, depuis Paris, Vézelay, le Puy ou Arles, mènent au camino francés, au sud des Pyrénées. Il décourage parfois le pèlerin, le mettant en garde contre la cupidité des indigènes ou la voracité des taons, tout en l’engageant à visiter les reliques qui ponctuent chaque pieuse étape de son Chemin.

  • TRADITIONNEL GÉORGIEN
  • Shen Xhar
  • ERIC WHITACRE né en 1970
  • Lux Aurumque
  • TRADITIONNEL GÉORGIEN
  • Imeruli Makh’ruli
  • ANDRÉ CAPLET 1878-1925
  • Messe
  • TRADITIONNELS BASQUES
  • Goizeko Izarra
  • Ara nun diran
  • VELJO TORMIS 1930-2017
  • Incantatio maris aestuosi
  • FRANCIS POULENC 1899-1963
  • Quatre petites prières de Saint-François d’Assise
  • AMERICAN SPIRITUAL (Babershop)
  • Swing low chariot
  • RANDALL THOMPSON 1899-1984
  • Alleluia

Chœur de l’Armée Française
Aurore Tillac direction

Concert gratuit
Informations : 04 66 87 33 75