Ville de SAINT‑GILLES
     
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Entrez dans l’abbatiale pour suivre « Le Chemin de Lumière » de Bernard Sauvé

Jusqu’au 30 septembre

Cet été, l’abbatiale de Saint-Gilles accueille une série de quatorze tableaux réalisés par l’artiste-peintre Bernard Sauvé. Le vernissage a eu lieu en petit comité, dans le respect des règles sanitaires en vigueur, le lundi 13 juillet, en compagnie de l’artiste, de M. le maire Eddy VALADIER, de son adjointe déléguée au Patrimoine, Géraldine BREUIL et Michel DURAND-ROGER, président de l’Association d’histoire et d’archéologie de Saint-Gilles.

Plus qu’une série, ces tableaux sont une composition d’ensemble, chaque tableau représentant la partie d’un tout. Les tableaux s’inspirent des fragments du jubé de la cathédrale de Bourges, datés de la première moitié du 13e siècle et sculptés de scènes évoquant la Passion et la Résurrection du Christ.

Rares sont les églises à avoir conservé leur jubé. Pourtant, cet élément du mobilier religieux était essentiel et imposant au Moyen Age, car il servait à séparer l’espace réservé au clergé de celui des fidèles. Ainsi le chœur liturgique qui accueillait messes et offices était entouré et délimité par des ouvrages en pierre ou en bois, généralement sculptés ou peints. Au milieu du 16e siècle, suite au Concile de Trente, l’usage des jubés fut abandonné, au profit d’une plus grande ouverture et fluidité entre les différents espaces de l’église. Désormais, les fidèles devaient pouvoir voir ce qui se passait pendant les offices. Cette réforme scella le sort des jubés, qui furent petit à petit remisés ou détruits.
Ce fut le cas à l’abbatiale de Saint-Gilles, où un tiers de la nef centrale était fermé par un jubé, dont il ne reste aujourd’hui aucun vestige. C’était également le cas à la cathédrale de Bourges, où le jubé fut démonté au 18e siècle. Des fragments furent redécouverts au 19e siècle et séjournèrent au Musée du Louvre avant de revenir à Bourges en 1994 pour être mis en valeur dans la crypte de la cathédrale.

De Bourges à Saint-Gilles

Les quatorze tableaux de Bernard Sauvé trouvent une place toute particulière à l’abbatiale de Saint-Gilles, qui depuis des siècles accueille visiteurs, pèlerins et fidèles avec sa célèbre frise sculptée dédiée à la Passion du Christ. Ainsi les tableaux de Bernard Sauvé font directement écho aux scènes de la façade récemment restaurée de l’abbatiale de Saint-Gilles. L’exposition de Bernard Sauvé permet ainsi de relier deux hauts lieux du Moyen Age, l’abbatiale de Saint-Gilles et la cathédrale de Bourges, en les éclairant d’un regard subjectif et contemporain.

Exposition Le Chemin de Lumière, du Moyen Age à nos jours
Tableaux de Bernard Sauvé
Abbatiale de Saint-Gilles
10 juillet au 30 septembre 2020
L’accès à l’exposition et à l’église haute de Saint-Gilles est gratuit. L’abbatiale est ouverte du lundi au samedi de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h, et le dimanche de 14h à 18h.

Eléments de biographie : Né à Aubigny-sur-Nère dans le Cher, à 40km de Bourges, Bernard Sauvé a pratiqué la peinture toute sa vie, explorant des sujets religieux et non religieux, mais toujours figuratifs. Lorsqu’il décide qu’il souhaite peindre un Chemin de Croix, il se tourne vers la cathédrale de Bourges, qui conserve les vestiges du jubé qui sera son inspiration. Quatorze fragments du jubé reprendront vie sous les pinceaux (ou plutôt, les couteaux) de Bernard Sauvé, qui reste fidèle à la composition mais s’offre de la liberté sur les couleurs, les textures et les fonds. En
ressort une série lumineuse, aux coloris chauds, rendant grâce à la qualité graphique de l’iconographie originelle. Comme le portail de Saint-Gilles, le jubé de Bourges porte les stigmates des Guerres de Religion. Bernard Sauvé a pris le parti de ne pas « réparer » ces blessures, ces lacunes et brisures, mais de les montrer telles qu’elles sont, comme des cicatrices qui font désormais partie de l’oeuvre.